Les réactions ne se sont pas fait attendre : d’une part, la moitié des membres du groupe d’experts chargé d’élaborer le nouveau de programme de seconde a suspendu sa participation et, d’autre part, l’association des professeurs de sciences économiques et sociale a réagi par un vigoureux communiqué de presse et un appel à manifester.

On savait déjà que les sciences économiques et sociales étaient exclues des enseignements fondamentaux et donc mises en concurrence avec une quinzaine d’autres disciplines parmi les modules « d’exploration », dont certains sont en fait des modules d’approfondissement.

Depuis peu on connait un peu mieux le sort qui serait réservé aux SES dans la future seconde. Et ce n’est pas brillant. Alors qu’aujourd’hui une heure par quinzaine est dédoublée, autorisant des activités en plus petit groupe et notamment l’utilisation des moyens informatiques, les TD disparaissent.

L’enseignement est modulaire. Le module "SES1" ne sera proposé qu'au 1er semestre. Seul le module "SES2" sera proposé au 2e semestre. Autrement dit, au 2e semestre, on pourra accueillir des élèves qui ont déjà suivi un enseignement de SES avec des élèves qui découvrent la discipline, ce qui est incohérent en termes d’organisation des apprentissages.

Il n'y aura pas d'évaluation chiffrée dans les modules d'exploration, ce qui compte tenu du mode de fonctionnement du système scolaire, marginalisera encore plus ces disciplines et réduira à néant leur rôle dans un éventuel choix d’orientation.

Enfin, il faudra présenter en introduction les métiers sur lesquels débouchent les modules choisis, ce qui n’a pas grand sens puisque jusqu’ici ce n’est pas tant les disciplines que les séries dont on peut déterminer les débouchés.

La moitié des membres du groupe d'experts ont signifié qu’ils cessaient leur participation tant que la Degesco ne reviendrait pas sur ces propositions. Il n’y a plus aujourd’hui un seul enseignant de SES présent dans ce groupe !

L’Apses, de son côté a réagi par un communiqué qui dénonce la marginalisation et la tentative de déstabilisation de la discipline, rappelle l’engagement à ses côtés de la plupart des syndicats enseignants, des organisations lycéennes et des associations de spécialistes (économistes, sociologues, politistes), et appelle à une manifestation mercredi 3 décembre à 13 h place de la Madeleine à Paris et à un meeting à 15 h à la Bourse du Travail.

Cette relégation des sciences économiques et sociales apparaît comme de plus en plus incompréhensible après les conclusions de la commission Guesnerie, la déclaration de Lyon et les résultats du sondage commandé par le Codice à la Sofres, sauf s'ils'agit d'un règlement de compte pour satisfaire certains groupes de pression.

Billet affiché le 28 novembre 2008