L’Apses réaffirme que les SES paient « le prix fort de la réforme » : simple « enseignement d’exploration » en classe de seconde avec un horaire faible, peu compatible avec un apprentissage raisonné des contenus et des méthodes des sciences sociales, horaires réduits en première et terminale.

Absence de dédoublement des classes, séparation entre l’économie et la sociologie, c’est autant le contenu de la discipline que ses méthodes pédagogiques « actives » qui sont concernés.

Le « Groupe d’expert » chargé d’écrire le nouveau programme de seconde – et bientôt de première et terminale – fait l’objet d’une double critique. Sa composition d’abord : deux économistes (Christian de Boissieu et Philippe Martin) contre un seul sociologue (François Dubet) et, surtout, un seul professeur de SES. Le réalisme pédagogique a peu de chances de se faire entendre. Ajoutons la présence de deux inspecteurs de la discipline.

Les conditions de travail ensuite. Ce n’est pas propre aux SES, mais les programmes doivent être écrits dans la précipitation, en quelques semaines, c’est-à-dire en quelques séances, ce qui semble peu propice à un travail approfondi.

Dans ces conditions, l’Apses craint que les programmes soient fort éloignés des attentes des enseignants et menace de tirer « les conclusions qui s’imposent si les programmes proposés contrevenaient » aux principes de la discipline : programmes partant de questions de société, visant la formation intellectuelle ET citoyenne, autorisant les croisements disciplinaires.

Plus largement, l’Apses inscrit son action dans une critique des orientations des réformes scolaires en cours : économies budgétaires avant tout, gonflement probable des effectifs de classe, dégradation de la formation professionnelle des futurs enseignants. Elle appelle donc à s’associer aux actions syndicales prévues le 14 janvier (éducation), le 21 janvier (fonction publique), annonçant un « lycée sans SES » le 21 janvier, et 30 janvier (éducation encore). Elle prévoit des actions décentralisées lors d’une « semaine d’actions pour les SES » du 25 au 30 janvier.

Un début d’année en fanfare pour les SES !

Billet publié le 14 janvier 2010