Pas de grande surprise dans ce sondage, dont les JECO doivent avoir l’exclusivité, jeudi 20 novembre.

Pour le moment, retenons seulement un chiffre : 85%, c’est la proportion des personnes interrogées qui sont favorables à la « généralisation d’une initiation à l’économie pour tous les élèves du secondaire ».

A ce sujet, Isabelle Knock-Meo, a dit son étonnement et même son dépit de voir que la réforme du lycée ne renforce pas, et au contraire diminue, l’importance de l’enseignement de sciences économiques et sociales, faisant état des inquiétudes des professeurs de SES. Elle affirme que le CODICE joint (joindra) sa voix à celles qui réclament plus d’enseignement de l’économie dans le futur lycée.

En présentant le Codice, Isabelle Knock-Méo a aussi insisté sur le fait que l’amélioration de la culture économique des français était un « enjeu démocratique », dans la mesure où celle-ci est socialement inégalement partagée. Ceux qui partagent le projet de l’Idies devraient se retrouver dans cette affirmation.


Jean-Paul Fitoussi était invité à commenter les résultats de ce sondage. Il estime qu’il ne faut pas parler de méconnaissance des français en matière d’économie. L’incompréhension ou les craintes qu’ils manifestent sont rationnelles, car ils savent que les inégalités s’accroissent, que leurs enfants ont du mal à s’insérer sur le marché du travail et ce d’autant plus qu’ils disposent d’un moindre réseau social. Les français n’ont pas tort d’estimer qu’ils sont mal informés, quand les banques dissimulent des informations essentielles. Ils peuvent à bon droit se méfier du discours économique dominant, qui se révèle contredit pas les faits. Ce qu’on leur a présenté comme des certitudes pendant des années (l’autorégulation et l’efficacité des marchés) se révèle un leurre. La formation et l’information des citoyens est d’autant plus importante qu’on est dans une période de retournement doctrinal.

Jean-Paul Fitoussi a fortement insisté sur le fait qu’il y avait un danger à présenter l’analyse économique comme une somme de certitudes. Au contraire, il faut montrer les oppositions doctrinales, il faut enseigner les débats en économie sinon l’enseignement devient une idéologie. Sans la contredire explicitement, cette position se démarque d’une conception, très présente dans le rapport Guesnerie, qui fait de l’apprentissage des « fondamentaux » la clé des enseignements de sciences économiques (et sociales).

Article mis en ligne le 18 novembre 2008