C’est aux inspecteurs généraux que revient la mise en œuvre de la rénovation des programmes liée à la réforme de la classe de seconde. Ainsi, en sciences économiques et sociales, c’est le doyen, Jean Etienne, qui présidera ce groupe assisté d’un autre membre de l’inspection, une inspectrice pédagogique régionale. Deux universitaires en seront membres, Antoine d'Autume, professeur d’économie à Paris 1, qui avait déjà participé à un groupe d’experts dans les années 90 et était déjà membre de la commission Guesnerie et Pierre-Paul Zalio, professeur de sociologie à l’ENS de Cachan. Enfin, deux professeurs de sciences économiques et sociales compléteront l’équipe.

Les professeurs de terrain peu représentés

Premier étonnement : la présidence confiée à un inspecteur général. Depuis que les programmes d’enseignement sont construits par des groupes d’experts, c’est-à-dire depuis les années 1990 et la réforme Jospin, ce sont toujours des universitaires qui ont occupé ce poste. Le dernier groupe d’experts, par exemple, était présidé par Jean-Luc Gaffard.

Deuxième étonnement, la faible place dévolue aux professeurs « de terrain ». Les professeurs ne sont que deux, dont l’un enseigne depuis de nombreuses années en classe préparatoire post-bac. Par exemple, au sein du groupe d’experts précédent, qui comptait dix-huit membres, on trouvait cinq universitaires, trois représentants de l’inspection et dix professeurs de sciences économiques et sociales, partagés à peu près pour moitié entre professeurs enseignant dans le secondaire et enseignant en classe préparatoire ou à l’IUFM.

La faisabilité, parent pauvre des futurs programmes

Un programme d’enseignement doit satisfaire à (au moins) trois exigences : être conforme aux grandes orientations politiques en matière d’éducation, être en accord avec les savoirs scientifiques de référence, être « faisables » i.e. enseignables par les professeurs et assimilables par les élèves. Chacune des composantes des groupes d’expert est, plus ou moins, porteuse d’un des points de vue.

La composition du nouveau groupe d’experts en sciences économiques et sociales indique que la première exigence passe au premier plan et que la dernière (la faisabilité) est le parent pauvre. Pour être complet, il faut noter que la revendication de certains groupes patronaux à être partie prenante dans la conception des programmes, semble avoir été écartée.

De plus, la nouvelle classe de seconde doit entrer en vigueur à la rentrée scolaire prochaine. Les groupes d'experts devront proposer des nouveaux programmes pour la classe de seconde pour le 15 décembre. La transformation profonde du lycée induite par l’organisation modulaire des enseignements aurait exigé une réflexion approfondie sur les programmes. Il n’en sera rien, ces programmes vont être élaborés dans l’urgence et on peut craindre que les coups de ciseaux dans les programmes actuels remplacent la réflexion approfondie.

Espérons au moins qu’une phase d’expérimentation des futurs programmes, de consultation des enseignants et d’évaluation soit prévue.

La réaction de l'Apses : ici

Article mis en ligne le 10 novembre 2008.