Dès l’annonce par Luc Chatel de son projet de réforme, les deux associations « de spécialistes » avaient fait connaitre leurs doutes et leurs inquiétudes face à ce qui était présenté comme un grand pas vers la généralisation d’un enseignement d’économie pour tous les élèves de seconde. Ceux-ci pouvaient ainsi choisir un enseignement « d’exploration » de « sciences économiques et sociales » et/ou de « principes fondamentaux d’économie et de la gestion ».

Plutôt dissemblables au départ, les deux associations ont fait converger leurs points de vue. Elles rappellent que leur discipline sont nouvelles pour des élèves arrivant du collège ; qu’elles mobilisent des méthodes particulières : travail sur documents, notamment statistiques, utilisation des outils informatiques, etc. ; et qu’en conséquence les élèves doivent bénéficier, dans ces deux matières, de conditions d’apprentissage convenables.

Elles avancent donc des revendications communes : des horaires supérieurs aux 1h30 prévus dans le projet de réforme ; des dédoublements (il n’en est prévus actuellement aucun) pour favoriser des méthodes « actives » ; des programmes qui soient complémentaires, favorisant ainsi l’opportunité de choisir les deux enseignements.

Enfin, comme l’enjeu est rien moins que la formation des jeunes en matière économique, les deux associations demandent qu’à l’encontre de la précipitation actuelle, qui conduit à bricoler des programmes en un mois et trois séances de travail, soit pris le temps de la réflexion et de la concertation et que la mise en œuvre de la réforme soit repoussée d’un an.

Le ministre les entendra-t-il ?

Billet mis en ligne le 19 janvier 2010