Mercredi 31 mars, l’APSES a, une fois encore, appelé les professeurs de sciences économiques et sociales à manifester dans les rues de Paris contre le sort qu’elle estime injuste réservé aux SES dans la réforme du lycée. La manifestation, a réuni quelques centaines d’enseignants qui, bravant les giboulées, n’ont pas lésiné sur la mise en scène : cotation boursière de « l’action SES », T-shirts à l’effigie des grands auteurs de l’économie et de la sociologie, affiches de cinéma détournées, chansons, etc. Elle s’est terminée près de l’Assemblée nationale où un appel aux représentants de la nation a été lu et où des députés (socialistes et verts) sont venus apporter leur soutien.

Cet appel est la deuxième initiative de l’association. Il s’adresse et sera envoyé à tous les députés et sénateurs. Rappelant qu’on doit la création des sciences économiques et sociales à la volonté du général De Gaulle, il demande aux élus « en tant que représentants de la Nation, de prendre en compte la nécessité de donner une formation en Sciences Economiques et Sociales à tous les futurs citoyens au moins une année au cours des sept années de scolarité dans le secondaire et avec un horaire qui permette de mettre en œuvre ces finalités ». Au-delà du cas des SES, les modalités de cette réforme devrait alerter les élus de la Nation puisque c’est la première réforme d’ampleur du lycée qui ne donne lieu à aucun vote ni même aucune discussion au Parlement.

Ce même 31 mars, d’autres représentants de la Nation, les membres du Conseil supérieur de l’éducation avaient repoussé à une très large majorité (42 contre, 6 pour, 11 abstentions) le programme de SES. Ainsi d’ailleurs que celui d’économie-gestion (PFEG). Rappelons que le CSE est un organisme consultatif où, à côté des représentants du ministère, siègent des représentants des personnels, enseignants, chefs d’établissements, inspecteurs, des représentants des « usagers », associations de parents d’élèves, syndicats lycéens, ainsi que des représentants des collectivités territoriales, des associations familiales, etc. Le ministère n’est pas tenu de suivre les avis du CSE, néanmoins le rejet est net et même si le vote porte officiellement sur le programme, on peut supposer que beaucoup d’organisations on voté contre les « structures ».

C’est sur cet aspect qu’insiste le dernier communiqué de l’APSES , en rappelant que la généralisation de l’économie se traduit par une réduction (de 2 heures trente à une heure trente) de l’horaire, et que les SES sont le seul enseignement central d’une série générale à ne pas être dans le tronc commun de la classe de seconde ou encore que les horaires de SES doivent diminuer en terminale ES, ce qui n’est le cas ni de ceux de philosophie en L, ni de ceux de sciences en S. Bref, l’association s’insurge contre le déni de légitimité persistant des sciences sociales au lycée.

La prochaine étape sera la participation de l’APSES, aux côté de l’association des professeurs d’économie-gestion (APCEG) et de celle des professeurs d’histoire-géographie, à une conférence de presse au Sénat, mercredi 7 avril. On le voit, la balle est maintenant clairement dans le camp des politiques.

Billet publié le 2 avril 2010.