Communiqué de l'APCEG :

Selon les collègues d’économie et gestion, sur le terrain, la réforme se met en place de deux façons différentes :

  • Dans la plupart des cas, appliquant les recommandations des textes, les deux enseignements d’exploration sciences économiques et sociales (SES) et principes fondamentaux de l’économie et de la gestion (PFEG) sont proposés tous les deux en parallèle. Cette situation serait satisfaisante si les deux enseignements étaient présentés, pensés et perçus à égalité. Or, ce n’est pas du tout le cas : SES est prévu pour les futurs élèves des sections générales et PFEG pour ceux de STG. La logique d’exploration d’une discipline n’est pas respectée : on met ainsi en place un mécanisme d’orientation précoce. On sait pourtant que plus la sélection est précoce, plus elle est socialement injuste.


  • Dans les autres situations, détournant les consignes nationales, certains recteurs (comme celui de Grenoble) ou certains proviseurs rendent obligatoire pour tous l’étude de SES. PFEG n’est proposée qu’en second choix. Certes, cette mesure évite l’effet de pré-orientation, ce qui est positif. En revanche, instaurer systématiquement SES et jamais uniquement PFEG (à notre connaissance) montre l’ignorance, l’indifférence voire le déni à l’égard de cet enseignement.

Dans les deux cas, les solutions mises en place vont à l’encontre des objectifs annoncés de la réforme : diminuer la hiérarchie des filières, éviter les sélections sociales.

De manière plus générale, la logique d’exploration n’est pas respectée dans ces projets de programme. C’est bien dommage parce que dans ses intentions, le Ministre prévoyait par exemple, qu’un grand nombre de lycéens pourrait découvrir la richesse et la diversité des sciences de gestion dans une perspective économique. Cela ouvrait la possibilité d’un changement de regard sur les filières technologiques. Or, les projets de programme sont construits autour de notions dont la plupart sera ressassée en première et terminale ; de plus, ils ne montrent pas suffisamment les spécificités de notre champ disciplinaire. Enfin, le nombre excessif de thèmes à traiter et l’horaire accordé rendent difficile une réelle démarche exploratoire.

Depuis des mois, l’APCEG demande qu’une seule option sciences économiques soit mise en place pour tous en seconde, traitant de façon interdisciplinaire de thèmes d’économie, de sociologie, et de gestion. C’est la seule façon d’éviter orientations précoces et hiérarchisation des filières. Il faut vraiment revoir le contenu des programmes et les conditions de la mise en place de l’enseignement de l’économie en seconde. Dans l’immédiat, l’APCEG est prête à apporter des nouvelles propositions.

Billet mis en ligne le 02/03/2010.