Face à « l'analyse » partiale de l'association Jeunesse et Entreprises, l'APSES oppose des faits tirés d’un rapport du Sénat, des statistiques du ministère de l'Education nationale, et de travaux scientifiques. L'enseignement des Sciences économiques ET sociales doit être inclus dans le tronc commun de l'enseignement général.

1. L'APSES dénonce la nouvelle attaque fantaisiste visant l'enseignement des SES

L’APSES a pris connaissance des analyses de l’association Jeunesse et Entreprises rapportées par Les Echos ce 25 juin. Cette association reproche aux programmes « d'économie » d’être « présomptueux et irréalistes », dénigre la sociologie, et plus largement « l'approche qui se pratique aujourd'hui, par les problèmes économiques, sociaux », et qui serait « inadaptée » à des élèves de lycée. A la place, l’association Jeunesse et Entreprises propose de recentrer l’enseignement sur des « cas concrets d’entreprise ».

L’APSES s’étonne fortement de l’ensemble de ces propos. Ils semblent d’autant plus dictés par un regard partial et mal informé qu’ils vont totalement à rebours des constats faits à diverses reprises, suite à des démarches rigoureuses, sur l’enseignement des SES et sur la série ES. Constats qui insistent au contraire sur la réussite des démarches actuelles.

2. La série ES est une réussite, et les SES sont plébiscitées par les élèves

Ainsi, le rapport d'information présenté récemment par le sénateur UMP Jacques Legendre fait le constat que « la filière économique et sociale est empreinte d’un certain équilibre qui lui a permis de prendre le pas sur une série L par trop littéraire : elle concilie harmonieusement disciplines scientifiques et littéraires, d’une part, et sciences économiques et sociales, d’autre part ». De plus, les bacheliers ES sont très bien préparés à la poursuite d’étude dans l’enseignement supérieur, comme les statistiques du ministère de l’Education nationale le montrent.

Enfin, l’enseignement de Sciences économiques et sociales, tel qu’il se pratique actuellement, est plébiscité par les élèves de la série ES, comme le montre Roger Establet dans Radiographie du peuple lycéen (ESF, 2005). Ainsi, « les lycéens de SES trouvent dans les sciences économiques et sociales de quoi nourrir une réflexion personnelle et diversifiée » ; ils ont « une grande confiance dans la valeur de formation de leurs disciplines principales décrites comme des clés pour comprendre la société et s’y intégrer avec esprit critique » ; le « cursus de sciences économiques et sociales » est « l’un des plus cohérents aux yeux des élèves » pour ce qui est des « qualités acquises au lycée ».

3. Les Sciences économiques et sociales participent de la construction de l'autonomie des élèves

L’APSES réaffirme donc, en accord avec ces analyses, que l’expérience de la série ES et des SES est une réussite : la série ES a été un vecteur important de la démocratisation de l’accès au baccalauréat ; ce baccalauréat est une préparation efficace à la poursuite d'études supérieures, et offre des débouchés réels et diversifiés. Discipline emblématique de la série, les Sciences économiques et sociales ont placé au cœur de leur démarche l'activité des élèves, le travail en groupe, l'éveil d'un esprit critique et d'analyse ainsi que la rigueur scientifique et l'esprit d'initiative indispensables à la réussite dans leurs études et dans leur avenir professionnel. Cette formation à l'autonomie, indispensable à la réussite des études supérieures, correspond aux priorités définies par le président de la République (Le Monde du 3 juin 2008).

Les SES reposent sur deux démarches indissociables : c’est grâce à un indispensable questionnement économique et sociologique (principalement) sur des objets d’étude comme la production, l'environnement, les normes internationales, les revenus, les salaires, le chômage, l'éventail des inégalités, la famille, etc., et par le recours tout aussi indispensable à des connaissances issues d’un champ pluridisciplinaire, que les SES contribuent depuis 40 ans à la formation générale, intellectuelle et civique des futurs citoyens que sont les lycéens.

4. La réforme du lycée qui se prépare doit tenir compte de ces constats de réussite

Considérant que l'enseignement des SES est pleinement en phase avec les attentes du politique, des élèves, des besoins de l'économie tertiarisée et de notre société démocratique ainsi que des divers acteurs de la vie économique et sociale, l'APSES demande que cet enseignement se voit accorder une place significative au cœur du lycée du XXIe siècle, dans le tronc commun d’enseignement. Aussi les professeurs de Sciences économiques et sociales seront-ils particulièrement attentifs aux annonces qu’entend faire prochainement le ministre de l’Education nationale dans le cadre de la réforme du Lycée.

Mis en ligne le 25 juin 2008