Les nouveaux programmes de seconde sont mis en consultation par le ministère jusqu’au 12 mars. L’Association des Professeurs de Communication Économie et Gestion (APCEG) et l’Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales (APSES) exigent que les programmes des options principes fondamentaux d’économie et gestion (PFEG) et sciences économiques et sociales (SES) soient entièrement refaits et leurs conditions d’application revues pour :

  • aborder les grandes questions de notre temps,
  • respecter l’approche « exploratoire » annoncée,
  • s’ancrer réellement dans nos disciplines spécifiques,
  • créer des conditions correctes à cette initiation en bénéficiant d’un temps d’enseignement plus long et en utilisant au mieux les compétences des professeurs.

A) Trois raisons de refaire les programmes de PFEG et de SES

I. Aborder les grandes questions contemporaines :

Dans notre société, une réelle aspiration à mieux comprendre l’économie se manifeste dans l’ensemble de la population et chez les jeunes qui sortent du collège. Ceux-ci auront des attentes fortes que nous ne devons pas décevoir. Or aucun de nos programmes n’aborde le chômage, les inégalités, la protection sociale, la crise financière, etc. En revanche, les questions posées sont par exemple : « Qu’est-ce qu’un acteur économique » en PFEG et « comment les revenus et les prix influencent-ils le choix des consommateurs ? » en SES. On part de questions théoriques a priori rébarbatives, au lieu d’affronter les préoccupations fondamentales des jeunes.

Pourtant les autres options d’exploration, elles, ont choisi une approche plus créative : par exemple, « quand la vie se termine t-elle ? » de demande t-on en santé et social, « les enjeux énergétiques contemporains » sont traités en sciences et laboratoire ou encore on s’intéresse à « écrire pour changer le monde : l’écrivain et les grands débats de société » en littérature et société.

Comment expliquer que seules les disciplines économiques se réfugient dans un enseignement dogmatique ?

II. Respecter l’approche exploratoire annoncée

Lourdeur des programmes

En 1heure 30 hebdomadaire, respectivement 11 questionnements en PFEG et 10 en SES doivent être traités. De plus, chacun comporte un appareillage de notions considérable. C’est trop lourd et complètement irréaliste. Comment méconnaître à ce point ce que des élèves de 15 ans peuvent acquérir ? Quand les élèves auront-ils le temps de réfléchir ? D’explorer ces champs de savoirs ? De « découvrir un domaine intellectuel » comme le recommandent les textes officiels ?

Les autres options elles, recommandent de traiter deux ou trois thèmes seulement dans une liste souvent non exhaustive. Comment expliquer un tel décalage ? Pourquoi une invitation au bachotage d’un coté et à la réflexion dans l’autre ?

III. S’ancrer dans nos disciplines spécifiques :

Ces enseignements exploratoires ont vocation à faire découvrir ces disciplines avec leurs spécificités. Pourtant, alors que les enseignements d’économie et gestion et de sciences économiques et sociales sont clairement distincts dans le cycle terminal et à l’Université, ici les deux programmes se contentent de saupoudrage de notions économiques balayant, apparemment au hasard, des thèmes proches. En PFEG, le droit est à peine effleuré, en SES la partie sociologie est réduite à la portion congrue, évacuée en fin de programme, et en partie facultative.

Pour que ces options soient réellement complémentaires et non concurrentes, pour qu’elles permettent une véritable exploration de nos disciplines, les programmes doivent rendre bien visibles nos spécificités. En PFEG, il faut une approche de la gestion mise en perspective avec des sciences économiques et du droit qui lui donnent son sens. En SES, il faut un véritable enseignement sociologique et un couplage sociologique et économique des concepts.

B) Repenser les conditions d’enseignement

I. Prévoir 2 heures de cours hebdomadaires et des dédoublements

Toutes les autres options d’exploration affirment qu’elles s’inscrivent dans la continuité du collège. Les deux options d’économie constituent une initiation. Il faut prévoir au mieux deux heures avec des dédoublements pour assurer correctement cette mission.

II. Les professeurs doivent assurer l’enseignement pour lequel ils sont formés

Dans plusieurs académies, des directives sont envoyées aux établissements par les rectorats indiquant que les enseignements de PFEG et de SES peuvent être assurés « indifféremment » par les enseignants d’économie-gestion et de Sciences Économiques et Sociales. Nous refusons absolument ce principe qui met en concurrence les enseignants et les enseignements et nie les spécificités de chacun. Les enseignants en économie-gestion ont étés formés aussi bien en économie qu’en management et en droit et recrutés sur des épreuves portant sur ces disciplines, de même que les enseignants de SES ont été formés et recrutés sur leurs compétences en économie, mais aussi sociologie et science politique.

Les ratages des programmes actuels ne sont pas étonnants. Ceux-ci ont été conçus sous le contrôle permanent du Ministère qui imposait certaines notions et refusait certaines thématiques jugées trop vives, en un mois, par un groupe d’experts comportant un seul professeur du secondaire.

L’application de la réforme doit être repoussée d’un an pour que des programmes puissent être refaits dans un temps convenable, sans pression politique, avec une réelle participation des professeurs concernés.

Le Ministère doit être cohérent avec ses propres objectifs. Il faut généraliser l’enseignement de l’économie avec des horaires corrects, des programmes pertinents ouvrant sur une meilleure compréhension du monde contemporain. Nos deux associations sont prêtes à mobiliser toute leur expertise dans ce projet.

Pour cela, nous demandons qu’une délégation commune soit reçue très rapidement au Ministère dans L’APCEG et l’APSES



Sylvie Cordesse Marot
Présidente APCEG
scordesse@andorra.ad
tel : 00 376 348 326




Sylvian David
Président APSES


Billet mis en ligne le 16 février 2010.