Point commun de ces rapports : a volonté de transformer en profondeur l’enseignement de SES pour qu’il ne soit plus l’occasion d’éveiller à l’esprit critique et au débat, mais serve seulement à transmettre certains « fondamentaux »

Ce rapport s’appuie sur des contributions d’universitaires étrangers et a été rédigé par Pierre-André Chiappori sur un ton particulièrement agressif, voire méprisant à l’encontre des programmes actuels de SES. Les universitaires (Jean-Luc Gaffard, Jacques Le Cacheux par exemple, qui ont participé à leur rédaction apprécieront certainement !).

Il ne s’intéresse qu’à l’économie – et estime d’ailleurs que la pluridisciplinarité est une erreur au lycée. C’est après avoir « feuilleté » quelques manuels et étudié les programmes que ces universitaires, et les chefs d’entreprise qui composent cette section de l’Académie (B. Collomb, Y. Gattaz, M. Pébereau, etc.) dénoncent à la fois la vision pessimiste de l’économie et de la société qui est celle des programmes et l’objectif de concilier formation « civique » (la formation du citoyen) et formation intellectuelle (i.e. l’acquisition des savoirs économiques de base), estimant semble-t-il ces deux formations inconciliables.

Des rapports qui se ressemblent

Comme le souligne la dépêche de l’AEF (n° 99087 du 8 juillet 2008), derrière ces trois rapports successifs sur l’enseignement de l’économie eu lycée on trouve Yvon Gattaz, Président de « Jeunesse et entreprises », doyen de la section « Economie politique, statistiques et finances » et auditionné par la Commission Guesnerie. A deux occasions au moins, membre de la Commission Guesnerie et de l’Académie des sciences morales et politiques, on trouve aussi Michel Pébereau et l’Institut de l’entreprise. Les ressemblances sont d’ailleurs nombreuses entre ces trois rapports, y compris dans le vocabulaire employé et surtout dans la volonté de transformer en profondeur l’enseignement de SES : qu’il ne soit plus l’occasion d’éveiller à l’esprit critique et au débat, mais serve seulement à transmettre certains « fondamentaux » de la science économique (voir l'analyse de Philippe Frémeaux pour l'Idies).

La caractéristique commune de l’Institut de l’entreprise, de Jeunesse et entreprises et de l’Académie des sciences morales et politiques semble être de ce fait de revendiquer leur participation à une réécriture des programmes « d’économie » au lycée.

Mis en ligne le 9 juillet 2008.