Dans la plaquette de présentation des Journées de l’économie qui se tiennent à Lyon du 12 au 14 novembre, le ministre de l’Education nationale Luc Chatel déclare que leur succès « exprime en réalité une attente forte : les Français aspirent à mieux comprendre les enjeux économiques auxquels ils sont quotidiennement confrontés, en tant que citoyens ou dans leur vie professionnelle (…) Cette quête de sens, cette demande de clés de lecture économique me semble plus que jamais nécessaire et légitime ». Ce n’est pas à l’Idies que l’on peut s’opposer à ce genre de proclamation !

En conséquence, il met au crédit du ministère de l’Education nationale le fait que « plus de 200 000 élèves de seconde choisissent chaque année de découvrir les SES, tandis qu’un tiers des élèves du lycée général s’oriente dans la série ES ». Logique.

Ce qui l’est moins, c’est que le projet de réforme du lycée dont il est l’initiateur va à l’encontre de ces déclarations.

En effet, comme cela a déjà été évoqué sur ce site, le projet de réforme du lycée est peu favorable aux Sciences Économiques et Sociales. En classe de seconde, elles ne sont offertes qu’en « exploration », en concurrence avec un grand nombre d’autres disciplines, avec un volume horaire faible, qui n’autoriserait pas une véritable introduction aux savoirs et méthodes de l’économie, et des sciences sociales. Alors que l’absence de cet enseignement au collège justifie un horaire conséquent en seconde.

Alors qui faut-il croire, Luc Chatel quand il énonce des principes, ou le même quand il met en œuvre une politique qui semble plus préoccupée de réduire les coûts du lycée que de proposer une offre cohérente de formation pour les futurs citoyens du XXIème siècle ?

Gérard Grosse

Billet publié le 13 novembre 2009