| Contribution au débat
Faut-il arrêter d'utiliser les données Eurostat ?
Quel est le robot automatique qui produit les données publiées par l'office statistique européen Eurostat ? Toujours est-il que certaines données publiées sur son site laissent songeur. Ainsi, l'institut ne connaît pas les données du solde migratoire 1996 et 1997 pour la France, mais toutes les données ultérieures. Mieux : en 1998, notre pays aurait connu plus de sorties du territoires que d'entrées : davantage de résidents en France seraient partis s'établir à l'étranger que l'inverse...
La suite est délectable, puisque la poussée est telle qu'en 2003 c'est l'inverse : la France enregistre 190 000 immigrés de plus ! La notion de "solde migratoire" est complexe, car on ne connaît pas grand chose des sorties du territoires en France. Mais si les données publiées par l'Insee sont sujettes à caution, celles publiées par Eurostat n'ont tout simplement plus aucun sens. Au passage, Eurostat ne dispose pas d'autre source pour établir ses estimations... que l'Insee !
Cette situation est lourde de conséquences. Il est particulièrement complexe de vérifier ce type d'information pour l'ensemble des autres pays. Ce type d'information jette un discrédit beaucoup plus large sur l'ensemble des données publiées par Eurostat. Or la comparaison européenne prend une importance d'autant plus grande que se construit l'unité politique du continent. Dans le débat public, l'évaluation des performances de tel ou tel pays, de "modèles sociaux", est très souvent utilisée. Les analystes et les citoyens doivent mesurer les précautions à prendre avant d'en tirer des conclusions trop définitives...
Pour se faire une idée par soi-même...
Louis Maurin
Mis en ligne le 25 mai 2008.
