Le collectif PEPS-économie a entrepris une réflexion critique sur le contenu des enseignements d’économie dans le supérieur, en particulier dans les facs d’éco. Trois séances ont été consacrées à ces questions dans le cadre du séminaire qu’ils animent à l’Ecole normale supérieure. Parallèlement, a été conduite une enquête sur les contenus d’enseignements dans plusieurs dizaines de facs d’éco. Le séminaire et l’enquête ont permis de nourrir des propositions pour une réforme de l’enseignement de l’économie allant dans le sens du pluralisme, qui seront présentées et discutées lors de ces Etats généraux, samedi 6 avril, de 10 heures à 17 heures, à l’EHESS, Amphi Furet, 105 boulevard Raspail à Paris .

La critique des enseignements d’économie et les projets de réforme ne sont pas choses nouvelles. Au tournant des années 2000, Michel Vernières, les étudiants d’Autisme-économie ou Jean-Paul Fitoussi y avaient contribué. La nouveauté de l’initiative du collectif PEPS-économie semble résider dans la volonté d’assurer un lien entre les enseignements de sciences économiques et sociales dans le secondaire et ceux de l’université. Autre élément nouveau, l’existence d’un mouvement structuré d’économistes se réclamant du pluralisme, des orientations et des méthodes, au sein de l’Association française d’économie politique (AFEP) et qui entend bien se « faire une place » dans les structures universitaires.

En s’alliant aux professeurs de SES, d’une part, et en ouvrant leurs états généraux tant aux économistes de l’AFEP qu’à un représentant de l’Association française de science économique (Etienne Wasmer), d’autre part, les étudiants de PEPS-économie se donnent une meilleure chance d’être écoutés, voire d’être entendus. Cela permettra-t-il d’ébranler les certitudes et l’hégémonie de la science économique mainstream et de contribuer à plus de pluralisme dans les facs d’éco ? Cette alliance pourrait-elle être à l’origine de la création de filières « économie et société » dans les universités, concurrentes aux filières d’éco-gestion traditionnelles ? Ou bien ces projets iront-ils rejoindre, dans les oubliettes, ceux évoqués plus haut ?

Billet publié le 24 mars 2013