Pour l’Histoire-géographie, le changement c’est maintenant. Pour les sciences économiques et sociales, il faudra (au mieux) attendre.

Le ministère de l’Education nationale a annoncé qu’il allait revenir sur certains aspects controversés de la réforme du lycée (réforme Chatel) concernant l’enseignement de l’Histoire-géographie. Cet enseignement sera rétabli en série scientifique (la section de « l’élite »). Des allégements de programme en classe de première devraient être appliqués dès cette année et les épreuves anticipées (fin de première) de cette année devraient être revues. Enfin, il serait envisagé qu’un nouveau « groupe d’experts » soit réuni afin de réécrire les récents programmes contestés pour leur lourdeur et leurs incohérences par les professeurs d’Histoire-géographie via leur association professionnelle (APHG) et certains syndicats.

Si ces décisions étaient attendues, il est étonnant de constater que, s’agissant d’une série moins prestigieuse (la série Economique et sociale) et d’un enseignement dont les effectifs de professeurs sont cinq fois moins importants (les SES), les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets politiques. L’Association des professeurs de sciences économique et sociales s’en émeut dans un communiqué. Elle y rappelle que les nouveaux programmes de SES de première et de terminale sont vivement contestés pour leur lourdeur et leur dogmatisme, que les nouvelles épreuves qui devraient entrer en service en juin prochain risquent d’aggraver le risque d’un enseignement transformé en « prêt-à-réciter ». Nouveau programme de terminale et nouvelles épreuves au baccalauréat, beaucoup d’enseignants de SES s’estiment transformés en « prof de dictionnaire », et s’y refusent.

Décidémment, il en est des disciplines scolaires comme des armées : « Les SES, combien de divisions ? (1)»

Gérard Grosse

Billet publié le 26 septembre 2012

(1) )« Le Vatican, combien de divisions ? » Cette phrase est prêtée à Staline lors d'un entretien avec Pierre Laval le 13 mai 1935.