Des nouveaux programmes contestés


Les nouveaux programmes de sciences économiques et sociales du lycée ont reçu un accueil très défavorable de la part de nombreux professeurs de la discipline et de leur association représentative, l’Apses. Elle les juge trop lourds, bâtis par empilement de notions, peu propices à la mise en œuvre de méthodes pédagogiques « actives » ; dogmatiques, ils privilégient la stricte séparation des sciences sociales de référence (économie/sociologie) et une conception orthodoxe de la science économique ; technicistes, ils ne favorisent pas le questionnement, la mise en débat, bref la formation « citoyenne ».

L’association conduit en ce moment une enquête afin de faire un bilan de la première année d’application du programme de seconde. Mais c’est le programme de première qui a tout particulièrement concentré les critiques, de l’Apses, mais aussi de la plupart des associations de spécialistes universitaires. Devenu officiel après sa publication au J.O. l’été dernier, il doit s’appliquer à la rentrée de septembre prochain.

Des propositions alternatives


L’Apses ne s’est pas contenté de critiquer les programmes, elle a fait le choix de proposer, à chaque fois, des programmes « alternatifs », plus conformes selon elle aux orientations « historiques » de la discipline et à la formation intellectuelle des élèves. Cela a été le cas en seconde , comme en première et, pour la terminale, l’association avait même pris les devants en publiant avant le groupe d’experts (chargé par le ministère de la rédaction des nouveaux programmes) son propre projet.

Il y a quelques mois, l’Apses avait appelé à « contourner » le programme de première à la rentrée prochaine. La démarche se précise aujourd’hui.

Le week-end dernier, à l’occasion de son assemblée générale annuelle, l’association a adopté les grandes lignes d’un « programme de contournement » . Sans cesser de réclamer la réunion d’un nouveau groupe d’experts et la réécriture du programme, l’association prend acte du caractère officiel de celui qui a été publié, mais en propose une interprétation et, initiative originale, annonce qu’elle mettra en ligne dès le mois de septembre un « manuel en ligne », baptisé SESâme. Il n’aura pas vocation à se substituer aux manuels habituels, mais à proposer des ressources pédagogiques en accord avec le programme « contourné ».

La réussite de cette initiative originale, qui témoigne de la détermination d’un groupe professionnel de reprendre la main sur son métier, dépendra de l’aptitude de l’association à proposer des contenus attractifs dans son « manuel de contournement » et de la volonté de l’ensemble des professeurs de SES de se saisir de ceux-ci.

Et ce qui est possible en première l’est moins en terminale, année du baccalauréat où les contraintes de l’examen imposent un respect plus strict du programme. Mais d’ici là le ministère, celui-ci ou un autre, aura peut-être infléchi sa position.

Billet publié le 22 juin 2011.