Développons un peu. Qu’a-t-on pu entendre ?

Rien de bien nouveau. Des vœux pieux sur le rééquilibrage des séries, entendons le dégonflement de l’effectif des S (série scientifique) et l’augmentation de celui des L (série littéraire), la volonté de faire de celle-ci une série « d’excellence » ou sur la nécessité d’améliorer les performances linguistiques des jeunes français. Fort bien.

L’annonce paradoxale de l’instauration d’un accompagnement personnalisé pour les élèves rencontrant des difficultés, à l’heure où la réduction des moyens (13 500 postes en moins cette année) conduit à surcharger les classes donc à créer ou entretenir les difficultés des élèves, en particulier en classe de seconde.

Une nouveauté néanmoins, l’annonce d’un « droit à l’erreur » et de possibles réorientation des élèves en cours d’année. Soit ces réorientations restent rarissimes, et ça se faisait (difficilement) déjà. Soit elles se généralisent, et la situation sera inextricable. Prenons un exemple simple. A la fin du premier trimestre de Première, dix élèves dans chacune des classes de S, sont perdus en physiques et se réorientent, après avis du conseil de classe, quatorze en ES et 6 en L. Les deux classes de Première ES dont l’effectif est déjà de 35 élèves passeraient donc à … 42 élèves et la classe de L, dont l’effectif était de 24, passerait à 30, ce qui implique quelques dédoublements donc un « coût » en heures. Facile direz-vous, il suffit d’ouvrir une Première ES supplémentaire. Mais c’est impossible, car la dotation en heures accordée au lycée ne permet pas d’ouvrir une nouvelle division. Sauf à fermer un Première S, qui pourrait se retrouver avec un effectif avoisinant les 50 élèves. Peu raisonnable.

Ah si, j’oubliais ! Une grande nouveauté dans un discours portant sur la réforme du lycée : aucune attaque contre la série ES ou les sciences économiques et sociales.

Gérard Grosse

Mis en ligne le 14 octobre 2009.