Depuis plus de soixante ans, les pays dits « développés » tiennent ou s’efforcent de tenir le cap d’une croissance économique continue, mesurée à l’aide de la comptabilité nationale et de son concept englobant, le PIB (produit intérieur brut). La crise financière de 2008-2009 et les bouleversements qui s’en suivent suscitent deux types de réactions contrastées. Le premier est une tentative de relancer coûte que coûte la machine économique - éviter les faillites bancaires, la récession, le chômage, la contraction des échanges internationaux - en maintenant le « cap croissance », sans autre débat sur le contenu de cette dernière. Le deuxième fait valoir qu’en dépit des difficultés que produit la crise, celle-ci offre une opportunité de changer de cap, afin de relever les défis environnementaux et sociaux trop longtemps ignorés et d’aller à la rencontre des aspirations les plus profondes des populations.

Cette deuxième option semble légitimée par la stagnation de la satisfaction de vie au sein des pays riches depuis plusieurs décennies, malgré la croissance continue du PIB. Sans doute a-t-on trop longtemps assimilé croissance de l’activité marchande et augmentation du bien-être, ignorant ou oubliant les limites et l’objet même de la comptabilité nationale. Celle-ci, conçue au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, apparaît aujourd’hui comme un outil historiquement daté et dépassé, face aux problèmes et besoins du XXIe siècle. S’il s’agit de répondre à de nouveaux problèmes et aspirations, les outils comptables et les indicateurs doivent être réajustés. En effet, comment le navire pourrait-il changer de cap si tous les outils de navigation restent fixés sur l’ancien objectif ?

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Mis en ligne le 1er juillet 2009.