Je redéfinis la soutenabilité faible comme étant la réduction de la complexité à une dimension unique. Il y a dès lors autant d'indicateurs de soutenabilité faible que de choix possibles de cette dimension unique. J’illustre les limites des indicateurs en valeur monétaire de type "PIB" ou « PIB vert », des indicateurs de "dématérialisation de l'économie" et des permis négociables. L'empreinte écologique relève également de la soutenabilité faible, mais d’un point de vue « écologique ».

La soutenabilité forte se caractérise au contraire par la multiplicité de dimensions ou "capitaux critiques" dont le dépassement d'un seul suffit à déterminer la non soutenabilité. Ces limites peuvent être déterminées de manière relativement objective. Des indicateurs différents y sont nécessaires pour évaluer les responsabilités et les impacts pour divers problèmes environnementaux ou sociaux majeurs.

En conclusion, il est possible d'identifier, dans chaque calcul d'indicateur de développement durable, une composante relativement objective de soutenabilité et une composante négociable de partage des droits et responsabilités.

Bruno Kestemont, 2010, « Les indicateurs de développement durable. Fondements et applications ». Thèse de doctorat. ULB, 256 pp. à télécharger sur http://theses.ulb.ac.be/ETD-db/collection/available/ULBetd-07152010-174134/