1/ La logique et les objectifs de la réforme

L’objectif de rééquilibrage des filières est une préoccupation ancienne et générale. Il ne fait donc pas débat, mais il doit être articulé à un autre objectif : l’augmentation des taux de scolarisation au niveau bac et notamment au niveau du bac général. Ce taux de scolarisation stagne depuis une dizaine d’année ce qui n’est pas compatible avec l’objectif de Lisbonne (50% d’une classe d’âge au niveau bac + 3). Si l’on veut accroître le taux de poursuite d’études dans le supérieur et si l’on veut lutter contre le taux d’échec très élevé en L1, il faut à la fois accroître le nombre de bacheliers et faire en sorte qu’ils soient mieux préparés aux études supérieures.

Le rééquilibrage des filières suppose que l’on renforce le caractère scientifique de la série S (ce qui semble le cas), que l’on offre une diversité plus grande de formation et donc de débouchés aux élèves de la série L (cela pourrait être renforcé ) et que l’on conforte la série ES (ce qui ne semble pas vraiment le cas).

2/ La classe de seconde

La place des SES dans l’état actuel du projet n’est pas satisfaisante et suscite un très fort mécontentement chez les professeurs. Il faut envisager les choses de deux points de vue :

  • Sur le plan pédagogique et didactique, un volume de 1h30 rend très difficile la mise en place d’apprentissages solides pour les élèves. Dans le passé nous avons connu un enseignement de 2h hebdomadaires pour tous les élèves, cela semble constituer un minimum.
  • Sur le plan symbolique le fait de situer les SES hors du tronc commun ne peut pas se justifier dès lors que celui-ci inclut la physique et les SVT. On pourrait comprendre la logique d’un tronc commun limité aux lettres aux mathématiques à l’histoire géographie et aux langues, les sciences de la nature et les sciences sociales ayant un statut d’option. Mais le traitement différencié des sciences de la nature et des sciences sociales ne peut pas se justifier, d’autant plus que la filière ES est maintenue et que les SES sont la seule discipline caractéristique d’une des filières de l’enseignement général qui ne soit pas en tronc commun.

Proposition : Intégrer un enseignement de SES de 2h dans le tronc commun. L’économie et gestion figurant logiquement dans les enseignements exploratoires aux côtés des sciences médico-sociales et des sciences de l’ingénieur, ce qui semble cohérent (pourquoi les disciplines technologiques tertiaires auraient elles un statut différent des disciplines industrielles ou médico-sociales dans une logique de rééquilibrage des filières ?).

3/ Le cycle terminal

Classe de première
Il semble logique d’aligner les horaires des trois filières sur 28h. Proposition : Pour la filière ES, il serait souhaitable d’ajouter 0,5 heure soit en maths soit en SES. Pour la filière L, il semble souhaitable d’introduire un enseignement de 1h30 de science politique (au même niveau que l’enseignement de sciences de la nature qui est proposé dans le projet).

Classe de terminale
Proposition : La même logique d’alignement des horaires des trois filières devrait conduire à porter l’horaire de la filière ES à 28h et à attribuer l’heure additionnelle aux SES (compte tenu de la diminution horaire importante en SES dans le cycle terminal). Hors question de structures, deux petits problèmes devraient pouvoir trouver une solution (par exemple dans le cadre d’une note de la DEGESCO ou dans le cadre de la circulaire de rentrée) :

  • Il faudrait que les élèves aient la possibilité de choisir à la fois l’enseignement de spécialité « économie approfondie » et « mathématiques appliquées ».
  • Il faudrait que l’enseignement destiné aux élèves de L « Droit et grands enjeux du monde contemporain » soit clairement affiché comme un enseignement de sciences sociales articulant des questions de droits public (structures politiques et administratives), des questions de sciences sociales et de science politique, des questions économiques (sous l’angle international notamment).


Billet mis en ligne le 8 décembre 2009.