Pour une économie démocratique

La crise financière actuelle inquiète. Ses conséquences pèsent sur le quotidien de la plupart des citoyens : augmentation du chômage, baisse du pouvoir d’achat, stress et mal-être au travail, creusement des inégalités, appauvrissement des plus démunis, dégradation de l’environnement… Il est indigne de laisser croire que la seule voie d’avenir est de sauver un système nourri par une spéculation financière disproportionnée par rapport aux échanges réels de biens et services, une explosion irresponsable des déficits et de la dette publics, les rémunérations démesurées de quelques patrons, un épuisement des ressources naturelles... Il est inacceptable de sacrifier les conditions de vie de tous pour sauver les profits individuels de quelques-uns. Il est urgent de proposer une réponse globale à la crise économique, sociale et écologique. Non, l’économie n’a pas vocation à servir l’argent. Oui, elle doit être remise au service des personnes.
L’économie sociale et solidaire ne prétend pas avoir une réponse idéale. Nous sommes plutôt une multitude de réponses concrètes et réelles ayant réussi à entreprendre d’une autre manière pour nourrir, soigner, éduquer, assurer, loger, transporter… S’associer, mutualiser, coopérer est l’expérience, que nous avons en commun, d’une économie fondée sur la solidarité au lieu du capital. Organisée autour d’une solidarité collective et d’un partage entre tous du pouvoir, chacune de nos entreprises participe localement au développement d’activités durables, non délocalisables et engagées dans la création de lien social. Face à la crise, ensemble, nous appelons à faire le choix d’une économie démocratique, où le pouvoir est donné aux personnes et non à l’argent, et, où la richesse produite est partagée collectivement.

Donner le pouvoir aux personnes et non à l’argent

  • Garantir le développement des sociétés de personnes (adaptation des règles fiscales aux sociétés de personnes, statuts européens pour les associations et les mutuelles…).
  • Soutenir le financement des entreprises sans capitaux (fonds public de garantie, possibilité de mutualisation des fonds propres…).
  • Donner la priorité à la reprise par les salariés des entreprises sous forme coopérative.
  • Reconnaître la représentativité des syndicats d’employeurs de l’économie sociale et solidaire dans les instances de dialogue social au niveau territorial et national.
  • Faciliter l’exercice du mandat électif bénévole dans les entreprises ayant une gouvernance démocratique (disponibilité, formation…).
  • Développer l’éducation à l’économie sociale et solidaire dans l’enseignement scolaire, les études supérieures et la formation continue.


Partager collectivement la richesse produite

  • Soutenir la répartition équitable des résultats excédentaires dans les entreprises entre l’investissement, la rémunération des salariés et l’éventuelle distribution collective aux membres.
  • Fixer dans chaque secteur une échelle pour la réduction des écarts de rémunération au sein des entreprises.
  • Soutenir les pôles territoriaux de coopération économique permettant la mutualisation d’emplois et d’activités entre entreprises de l’économie sociale et solidaire (emplois non délocalisables).
  • Reconnaître dans les règles d’aide publique et d’accès aux marchés publics la spécificité de services sociaux d’intérêt général.
  • Engager avec les partenaires sociaux et les acteurs concernés une réforme de la protection sociale pour assurer la pérennité d’une protection sociale universelle la plus étendue possible contre les risques majeurs tout au long de la vie.
  • Une loi-cadre élaborée en concertation avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire est nécessaire pour assurer la cohérence stratégique et la pérennité d’une politique de développement de l’économie sociale et solidaire (cadre juridique, orientations politiques, moyens d’action et articulation avec les actions des collectivités territoriales).


Mis en ligne le 21 novembre 2011