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Défense des SES au lycée : offensives croisées !
Le même jour, deux évènements, de nature différente, mais convergents quant à leur but, ont marqué la polémique sur la place de l’enseignement des sciences économiques et sociales (SES) et de la filière économique et sociale dans le futur lycée qui va naitre de la réforme « Chatel ». Dans le journal Le Monde daté du 2 décembre on pouvait lire une « libre-opinion » en faveur de l’enseignement des sciences sociales au lycée , signée de quelque « poids lourds » du monde intellectuel. Le même jour, ce sont les professeurs de SES, qui, comme l’an dernier à la même époque, ont battu le pavé parisien et tenu meeting à la Bourse du travail. Récit d’une journée très « SES ».
La libre opinion d’abord. Elle s’inscrit dans la défense d’une « troisième culture », celles des sciences sociales, qui ne doit pas se limiter à une simple « exploration ». En effet, argumente le texte, les sciences sociales conduisent les élèves à développer une certaine posture intellectuelle, un « regard éloigné » sur le réel économique et social, à s’approprier des outils d’appréhension de cette réalité. C’est donc une exigence démocratique que d’offrir au maximum d’élèves cette formation aux sciences sociales. L’argument porte et devrait d’ailleurs conduire à revendiquer un tel enseignement aussi en lycée professionnel, où l’objectif des études est différent, mais l’exigence de formation citoyenne présente également.
Outre le président de l’APSES, la tribune-libre est signée de « pointures » dans leur champ respectif : Christian Baudelot pour la sociologie, Daniel Cohen pour l’économie, Nonna Meyer pour la science politique, Philippe Meirieu pour la pédagogie et enfin Pierre Rosanvallon pour l’Histoire. Autant de personnalités qui comptent, institutionnellement et symboliquement. Dans le registre des soutiens qui pèsent, on peut aussi citer le cas de Françoise Héritier qui a apporté sa signature à l’appel de l’APSES.
La manifestation ensuite. Il y a un an, presque jour pour jour, le 3 décembre 2008, les professeurs de SES descendaient dans la rue pour s’opposer aux conséquences négatives pour les SES et la série E.S. de la réforme du lycée de Xavier Darcos. Le ministre et son mode de communication ont changé, le contenu de la réforme aussi. Mais les SES et la série E.S. en payent toujours la prix fort estiment les professeurs de SES . Bien rodés après les actions de l’an dernier, l’APSES a rapidement mobilisé un large répertoire d’actions : pétition, lettres aux parlementaires et, sur le mode plus ludique, détournement de chansons et d’affiches de cinéma. Ce mercredi 2 décembre, un petit millier de professeurs de SES ont bravé le froid et la pluie, de la place du Palais-Royal à celle de la République après une pose devant la Bourse, le temps de réaliser un SOS SES humain. Un nombre de manifestants un peu décevant pour les organisateurs, mais un cortège dynamique.
La journée s’est conclue par un meeting à la Bourse… du travail cette fois, où représentants de syndicats et d’associations de spécialistes du supérieur sont venus apporter leur soutien et où le président de l’APSES, Sylvain David, a insisté : cette journée d’action n’est pas la fin, mais le début d’un processus de long terme pour obtenir une pleine reconnaissance des sciences économiques et sociales et un traitement équitable pour la série économique et sociale.
Les jours et les semaines qui viennent diront si les intellectuels signataires de la libre opinion et les professeurs de sciences économiques et sociales seront entendus par Luc Chatel.
Billet publié le 3 décembre 2009
