Un contenu qui s’étoffe.


Ce manuel coopératif s’appuie sur le « programme de contournement » élaboré par l’Apses afin de (re)donner du sens au nouveau programme de première, vivement contesté tant par les professeurs de SES que par les principales associations de « spécialistes » de l’enseignement supérieur. Ce programme et donc ce manuel comportent cinq grandes parties, dont trois sont aujourd’hui mis en ligne : Entreprises et organisations, Marchés et sociétés, Socialisation et groupes. Une quatrième, Monnaie et financement, est en bonne voie puisque deux chapitres sur trois sont accessibles. Chaque chapitre comporte en général trois « activités », calibrées pour être réalisées en deux ou trois heures de cours, ainsi que des séances de « travaux dirigés », une synthèse, des propositions de devoirs.
Ainsi, la partie « Monnaie et financement » comporte trois chapitres : « D’où vient la monnaie ? », « A quoi servent les banques et les marchés financiers ? » et (à venir) « Pourquoi et comment réguler la création monétaire ? ». Le premier de ces chapitres offre, par exemple, trois activités : Qu'est-ce que la monnaie ? Quel rôle pour la monnaie dans les rapports sociaux ? Comment assurer la confiance en la monnaie ? Et, parmi les séquences de travaux dirigés, une séquence permettant de lier SES et histoire sur l’hyperinflation allemande des années 20, qui peut aussi permettre de mieux comprendre l’origine des préoccupations allemandes actuelles.

Une « offre » originale.


L’originalité de ce manuel ne réside cependant pas tellement dans ces chapitres de cours, qui font pourtant un abondant usage de documents iconographiques ou de vidéos, que dans deux compléments.
D’abord, accompagnant la plupart des chapitres, des « entretiens croisés » entre des spécialistes de la question. Par exemple, entre Olivier Favereau (économiste) et Pierre François (sociologue) sur le thème « Quelle est la place des liens marchands dans les liens sociaux ? » ou encore, afin de répondre à la question « Les marchés sont-ils efficaces ? », une confrontation entre James Galbraith et Pascal salin. Au-delà de la qualité des contributeurs, le grand intérêt de ces entretiens est d’illustrer les débats qui parcourent les sciences économiques et sociales, alors que le programme officiel tend à en minorer l’existence. Et pire, qu’il se confirme que les nouvelles épreuves pour le baccalauréat vont interdire les débats !
Autre innovation de ce manuel, qui peut d’ailleurs constituer une riche ressource pour tous : étudiants en économie ou en sciences sociales ou citoyen curieux, la revue de presse hebdomadaire où les liens vers de très nombreux articles (journaux, magazines, revues, blogs) sont classés selon les chapitres du manuel. Ainsi, pour s’en tenir à la semaine du 22 au 29 janvier 2012, plus de quarante liens, avec des auteurs comme André Orléan, Eric Maurin, Philippe Askenazy, Joseph Stiglitz, Françoise Milewski et Guillaume Allègre.

Si l’on ajoute que le site offre aussi des fiches méthode (qu’est-ce que la modélisation, qu’une enquête par questionnaires, comment argumenter, etc.), un lexique (en construction) et des conseils de lectures pour les élèves (et pour leurs professeurs !). Que les professeurs membres de l’Apses peuvent avoir accès à « livre du professeur ». Et enfin que ce manuel est évolutif, grâce aux remarques et propositions des utilisateurs, on peut se dire que les professeurs de sciences économiques et sociales et leurs élèves ont à leur disposition un magnifique outil de travail et de réflexion.

Billet publié le 31 janvier 2012