L’Apses dénonce dans un communiquéla précipitation dans laquelle doit travailler le groupe d’experts chargé de la rédaction des programmes de première et terminale : un mois (en fait, on peut le penser, deux ou trois réunions !) pour rédiger le nouveau programme de première et pour poser les bases des trois nouveaux programmes de SES pour le cycle terminal : celui de l’enseignement obligatoire de terminale et les deux nouveaux enseignements d’approfondissement. Les SES ne sont pas plus mal traitées – au contraire - que l’ensemble des disciplines dont tous les groupes d’experts doivent travailler dans l’urgence.

Mais le projet de programme de seconde avait fait l’objet de lourdes critiques ayant conduit à des changements importantsqui n’avaient pas suffis pour emporter l’aval du conseil supérieur de l’éducation. On aurait pu s’attendre à un peu plus de précautions dans l’organisation des travaux du groupe d’experts.

Comme dans sa composition d’ailleurs, à plusieurs égards étonnante.

Il est composé de onze membres, dont quatre (seulement) sont des professeurs de SES en exercice. Et, parmi eux, deux sont porteurs d’un point de vue – une plus grande proximité des contenus d’enseignement avec les savoirs universitaires et leurs découpages – qui n’est certainement pas majoritaire parmi les professeurs de SES.

Du côté des universitaires, deux économistes, Jacques Le Cacheux, qui faisait déjà partie du groupe d’experts ayant rédigé les programmes actuels et est le président de ce groupe et Didier Marteau, professeur à l’ESCP et spécialiste des … produits financiers dérivés ! Le politiste est Yves Deloye et le sociologue Bernard Valade, représentant d’une sociologie académique dont on peut penser qu’elle n’est pas la plus en prise avec les questions « vives » qui devraient concerner les lycéens d’aujourd’hui et de demain.

Enfin on ne compte pas moins de trois représentants de l’inspection : une inspectrice pédagogique régionale et deux inspecteurs généraux dont l’un, professeur de droit, a occupé ces dernières années les fonctions de Recteur.

Composition du groupe et conditions de fonctionnement laissent présager un recentrage académique des programmes : décliner des plans de cours de fac est probablement le plus rapide quand on n’a pas le temps de réfléchir aux enjeux de savoirs et d’apprentissage et que les délais impartis obligent chacun à travailler dans son coin. D’autant que cela répond au projet de dissocier, en terminale, économie et sciences sociales dans les enseignements d’approfondissement.

Le groupe d’experts doit remettre sa copie le 15 mai et on en saura plus à ce moment là. Après tout, le pire n’est jamais sûr ! Peut-être, malgré tout, en sortira-t-il un programme réfléchi, au contenu rigoureux, attractif et en phase avec les interrogations contemporaines des sciences sociales, attentif aux apprentissages des élèves et à la formation de leurs compétences, d’un volume raisonnable …

Billet publié le 22 avril 2010.