La faim a d’abord frappé ceux qui produisent la nourriture pour le monde. Les modèles alimentaires qui s’imposent partout aujourd’hui sont la cause de graves maladies au Nord et de graves malnutritions au Sud où les terres sont consacrées à l’alimentation des porcs, volailles et boeufs consommés dans les pays riches. Le paradoxe, c’est que l’on produit largement de quoi nourrir toute la population mondiale. Car ce qui fait défaut aujourd’hui, ce ne sont peut-être pas les ressources, ni les terres mais d’abord leur distribution et leur répartition équitables.

L’économie sociale a un rôle-clé à tenir dans un avenir proche si elle reste fidèle aux valeurs dont elle est porteuse. Déjà dans de nombreux pays, les mouvements coopératifs, associatifs, mutualistes, les fondations jouent un rôle important pour pondérer les injustices et aider les logiques de solidarité à se mettre en place, favoriser d’autres façons de produire et de consommer.

Les 4e Rencontres du Mont-Blanc, en novembre 2009, seront l’occasion d’une analyse de la situation mondiale, de présenter expériences et réalisations mais aussi de nouveaux projets à partager pour tenter de « mieux nourrir la planète ». Des dirigeants de coopératives, mutuelles, associations, fondations y participeront ainsi que des représentants de mouvements sociaux et syndicaux, d’organisations internationales invitées (PNUD, PAM, FAO, CNUCED, BIT, UNITAR, ACI...), des chercheurs et universitaires.

A propos des Rencontres du Mont-Blanc

Un espace international de lancement de projets, de prises de position et d’échanges

Les Rencontres du Mont-Blanc sont un lieu de rencontre transversal qui rassemble les dirigeants de l’économie sociale, toute famille, tout secteur d’activité et toute région du monde confondus ; mais aussi des experts et représentants d’institutions internationales, des chercheurs universitaires et des représentants de mouvements citoyens, politiques et syndicaux. Marquées par un thème précis à chaque édition (rencontres biennales), lieu de débat, d’échange, d’élaboration de projets et de collaboration, ces Rencontres ont pour ambition d’apporter des réponses aux grands sujets et défis actuels par la réalisation de chantiers concrets, menés conjointement par des acteurs des quatre coins du globe. Depuis 2004, lors de la 1e édition, des projets concrets ont été mis en place tels que CoopEst, outil financier pour soutenir le développement des entreprises d’économie sociale dans les pays d’Europe de l’Est, le développement de la filière Biogaz en Guinée et dans les pays du Sud, ou encore le Groupement international des fondations de l’économie sociale…

Les Rencontres sont l’occasion de démontrer qu’il est possible d’entreprendre autrement en plaçant une dimension solidaire et citoyenne au coeur des sphères économique et entrepreunariale.

site web : www.rencontres-montblanc.coop

Déroulement des 4e Rencontres du Mont-Blanc

(9 et 10 novembre 2009)

Comme lors de l’édition 2007, Les Rencontres du Mont-Blanc seront conçues pour permettre une progression : prise de connaissance des enjeux, approfondissement avec des cas concrets, échange d’idées et d’interrogations en commun, élaboration de projets, engagement…

Le thème de l’alimentation mondiale est un thème à multiples facettes qui sont toutes reliées les unes aux autres : impossible de parler de la montée du prix des céréales sans évoquer la pénurie d’eau qui pousse certains pays à acheter plutôt qu’à cultiver ; les tensions sur les places boursières qui ont fait des matières premières agricoles des objets de spéculation ; ou encore les embardées du baril de pétrole qui ont lourdement pesé sur les transports.

On pourrait citer bien d’autres exemples, on en découvrira un certain nombre au cours de ces deux journées. Une série de thèmes ont été identifiés comme étant de première importance : l’accès au foncier agricole ; la protection des semences ; les pratiques agricoles et leur impact sur la fertilité des sols ; l’eau ; l’organisation des marchés ; les modèles alimentaires (au Nord comme au Sud), la place des agrocarburants, le commerce équitable…

Le lundi 9 novembre

La matinée sera l’occasion pour les participants d’entendre des experts sur ces thèmes, notamment : - Amartya SEN sur l’histoire des famines dans le monde (à confirmer), - Michel GRIFFON (agronome, ancien directeur du CIRAD) et Bruno PARMENTIER (agronome) sur le potentiel agricole, la Révolution Verte, les nécessaires adaptations des modèles conventionnels à la nouvelle donne démographique, climatique et environnementale, - Olivier De SCHUTTER (rapporteur spécial des Nations Unies pour l’alimentation) sur le coût des matières premières agricoles, - Riccardo PETRELLA (ancien commissaire européen) sur les ressources en eau et l’impact du changement climatique, - Claude BOURGUIGNON (agronome, spécialiste en pédologie) sur la vie des sols et les problèmes de stérilisation des terres par l’agriculture intensive, - Vandana SHIVA (directrice du Research Foundation for Science, Technology and Natural Resource Policy) sur la question des semences, des relations Nord/Sud et le brevetage du vivant, - Colin CAMPBELL (nutritionniste) sur les modèles alimentaires et leurs effets sur la santé (à confirmer), - João STEDILE (porte-parole du Mouvement des Sans Terre) sur l’accès au foncier (à confirmer).

L’après-midi, les participants seront répartis dans trois ateliers.

Ils rencontreront des acteurs internationaux, porteurs de projets qui ont fait leurs preuves et qui expliqueront de façon concrète, vécue, les conséquences des différents problèmes évoqués dans la matinée ainsi que les solutions qu’eux-mêmes s’efforcent de mettre en place. Il y aura six porteurs de projet par atelier, chacun mettra davantage l’accent sur l’un des thèmes mais leurs récits recouperont les différents thèmes retenus : ce sera l’occasion de mieux comprendre leur intrication. Ce sera aussi, pour les participants, l’occasion de poser des questions, d’essayer de comprendre comment eux, acteurs de l’économie sociale, peuvent s’insérer dans cette problématique, quels sont les besoins, les manques, mais aussi les pistes, les savoir-faire, les ressources sur lesquels s’appuyer.

A titre d’exemple, dans un atelier on pourra avoir un représentant d’un Teikei japonais, ces circuits courts alimentaires qui depuis environ quarante ans ont organisé un système de distribution efficace de denrées alimentaires et construit autour un réseau d’entraide (crèches, maisons de retraite, emplois pour les femmes etc.) : c’est le thème des marchés. Un représentant de Panchina, une ONG chinoise qui s’emploie à collecter les savoir-faire traditionnels des paysans et à bannir l’emploi des pesticides : c’est le thème des pratiques agricoles et de leurs impacts. Un représentant de l’Institute of Dayakology (Bornéo) pour parler de la mainmise sur les terres agricoles et de la résistance locale : c’est le thème de l’accès au foncier et des organisations paysannes. Un représentant de Navdanya, une Ong indienne qui oeuvre contre l’appropriation des semences et les OGM : c’est le thème des semences. Un représentant du programme CoopAfrica concernant l’action de coopératives sur ce continent…

Le mardi 10 novembre

La matinée sera consacrée à une table ronde : « Quelle peut être la place de l ‘économie sociale dans la question alimentaire ? »

A la tribune, les « grands témoins » (PNUD, PAM, BIT, AFD etc.) donneront leur sentiment, puis ce sera au tour des dirigeants de l’économie sociale. Il s’agira d’examiner en profondeur les besoins et de chercher à ajuster au mieux les possibilités offertes par l’économie sociale à ces besoins recensés.

L’après-midi, chacun regagnera son atelier.

Les participants soumettront au groupe les idées qu’ils ont eues, les projets sur lesquels ils pensent pouvoir s’engager. Cette fois, les porteurs de projets de la veille seront sollicités pour faire des commentaires et des suggestions, signaler des pièges éventuels, proposer leur concours. Les participants pourront aussi se coopter, trouver des appuis chez d’autres acteurs de l’économie sociale, lancer des réseaux.

Au terme de ces ateliers, tous se retrouveront en plénière pour le temps des engagements. Temps fort des Rencontres, ce sera le moment d’annoncer publiquement le projet dans lequel chacun compte s’investir, sachant que ces projets feront l’objet d’un suivi et seront soumis à l’attention de tous. Il faut aussi rappeler qu’auront lieu le 8 novembre des réunions spécifiques concernant plusieurs des projets en cours de réalisation depuis 2004 (réseau international des fondations, observatoire international des réalisations de l’économie sociale, association internationale des logiciels libres, etc.) ; ainsi que des évènements particuliers (anniversaire du réseau Inaise).

Ces journées seront clôturées par la remise du premier « Prix des Rencontres du Mont-Blanc », qui couronne un projet issu des Rencontres précédentes.